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Dans le temps, il y avait les tractions Citroën et les calèches,
Encore avant, il y avait les arbalètes et les donjons,
Encore avant, bien avant, les silex, le feu et les graffitis dans les cavernes.
D'aussi loin que l'on remonte, on peut trouver ce qu'il avait dans le temps.
Jusqu'à un certain point. Parce qu’une fois remonté à la première poussière apparue, on s'aperçoit qu’après, il n'y a plus de temps.
Il devient liquide et s'écoule hors du temps, dans un temps qui n'est pas le nôtre,
mais qu'on pressent.
Comme s'il y avait deux temps qui coexistent. L'un beaucoup plus vaste contenant l'autre.
Comme si la nature qui comprend tout l’univers peuplé d’étoiles, dont une petite planète bleue qui abrite la vie, n’avait pu se déployer que dans un temps contraint, un peu étriqué.
Un temps qui a un début et vraisemblablement une fin.
Au contraire de l’autre, qui est éternité.
Et nous qui sommes matière, fait des mêmes particules que les étoiles, subissons cette contrainte ; le réveil matinal, les courses, le journal de vingt heures, les rides …
Mais par la grâce de la vie, nous humains, installés pour l’instant au bout de la chaîne d’évolution, sommes aussi esprit. Et cet esprit nous permet d’accéder à la conscience qu’il y a un autre temps.
Ainsi plus besoin de conjuguer “dans le temps” à l’imparfait. On peut dire :
dans le temps, il y a la fleur qui se réjouit de la graine qu’elle porte
dans le temps, il y a le soleil qui récupère sa traîne avant de plonger dans la mer
dans le temps, il y a des heures qui semblent des secondes
dans le temps, il y a un infini auquel notre conscience a accès.
Ainsi peut-on faire naître cet autre temps à l'extrême pointe de l’âme, si l’infini nous habite.
Ainsi peut-on nous-même verser du temps dans le temps.
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