G.A.Z.A.

Publié le par Denis

G.A.Z.A.

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Quatre lettres qui auraient pu donner lieu à un acrostiche comme 

Grâce
Amitié
Zèle
Amour

et qui ont pris un autre chemin, celui de

Guerre
Abandon
Zone
Assassins  


Quatre lettres faisant partie du même dictionnaire
disposées à ouvrir les mots les plus amènes, les plus avenants
et qui ont été précipités vers les plus fermés, les plus aveugles. 

quatre lettres, devenues célèbres
sans avoir recherché la gloire, 
sans avoir voulu pour cela donner de leur sang.  

Quatre lettres qui auraient pu tout aussi bien 
se hisser sur le parvis des mots ouvrant vers la liberté 

G, libre comme l’oiseau qui Gazouille
A, léger comme l’Air du large venu de la mer
Z, sauvage et indomptable comme le Zèbre
A, profond et durable comme l’Amitié

mais qui n’évoquent plus désormais que le martyr. 

G, comme Grillage qui encercle et enferme
A, comme  Attaques perpétrées quotidiennement
Z, comme degré Zéro de l’humanité
A, comme Accablement d’un peuple 

Quatre lettres qui accolées les unes aux autres
ont le pouvoir de remplir des esplanades dans les villes,
de remplir des pages de journaux de tous bords. 

Quatre lettres qui ont du mal à porter l’espérance
tellement écrasées sous le poids du présent.


mais quatre lettres qui attendent de se relever
et d’aller en toute liberté se mêler à six autres,
I.S.R.A.Ë.L.
leurs voisines meurtries et sous l’opprobre. 

Elles n’ont rien de commun, si ce n’est le A 
Mais le A n’est-il pas le commencement, l’Alpha : 
le A de Accord par qui cesse l’Affrontement
pour aller vers l’Apaisement avant s’Allier.

Imaginons que GAZA s’allie avec ISRAËL
cela donnerait le nom d’une terre nouvelle
GAELIS RAAZ, où se mêleraient deux peuples
d’une même culture sémite ancestrale.

Mais c’est sans compter sur le tréma
qui surplombe le E d’ISRAËL,
Un tréma comme deux yeux derrière un fusil
qui a fait du E un redoutable tireur 
éliminant les espoirs soulevés par Rabin. 

Le tréma chevauche désormais d’autres armes
devenu canons, drones, chars, missiles
Rien n’arrête plus désormais sa soif d’hégémonie
abreuvée par la vengeance et la haine.

Qui saura retirer au tréma d’ISRAËL
les balles de ses yeux revolver 
pour les remplacer par des colombes
s’envolant sur des terres pacifiées ? 

G.A.Z.A. , quatre lettres qui attendent dans le sang
ce geste pour les libérer de leur agonie, 
tellement aveugles sont devenus ceux des deux bords
qui n’ont plus dans les yeux que le tréma du verbe haïr.

Publié dans trace du jour, 'poétie'

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G
quel beau plaidoyer pour Gaza Denis ! si les hommes maniaient les lettres plus que les armes et laissaient la poésie et l'imagination inspirer leurs actes , comme le monde pourrait être plus doux à vivre! Merci de ces poéties inspirantes qui ouvre le regard sur de belles perspectives .
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