Libération

Publié le par Denis

Libération

Dans le plus terne des parloirs
deux hommes se font face, 
l’un visiteur de prison,
l’autre détenu pour viol. 

Il reste sans jugement
celui qui vient du dehors
devant les mots prononcés
par ce dernier, enfermé.

Il lui a fallu des années 
pour être à même d’entendre
sans sourciller ni juger
cette voix éteinte dire : 

- “Je sais le mal qui me ronge.
Ce que j’ai fait, c’est ignoble.
Mais un petit cul d’enfant 
comme c’est bon, c’est bon !”

Il lui faudra des années
pour soigner les pulsions
qui ont envahit son âme,
meurtrie depuis l’enfance. 

L’un et l’autre sont face à face. 
Ils cheminent pourtant ensemble,
le visiteur au regard doux   
et le prisonnier pédophile.

Ils cheminent vers la source
d’une même lumière irradiante
qui donnera à l’un la liberté intérieure 
et à l’autre les clés de sa prison. 


 

Publié dans 'poétie'

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