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Publié le par Denis

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Quatre hommes chevauchant quatre autres hommes, c'est ce que voient nos yeux sur une des colonnes nord de l'abbatiale de Saint Sever.

A partir de là, tout commence!

Car s'ils grimpent sur les épaules de l'un, s'appuient sur le visage de l'autre, s'agrippent aux végétaux, c'est pour voir...


Tandis que le corps se satisfait du désir comblé, l'âme n'a de cesse de s'approcher du mystère.

Cette aspiration à l'indicible ici gravé dans la pierre, là couché sur une toile, une partition ou cachée dans les traits d'un visage en prière surpasse toutes les autres.

"Et j'ai vu ce que d'autres ont cru voir", affirme Rimbaud dans la magnifique insolence de ses dix sept ans.

C'est pour tenter de voir cela, de s'approcher de cela que des hommes ont construit des églises, d'autres se sont réfugiés dans des grottes, d'autres ont pris la plume ou le ciseau à pierre.

D'autres plus modestement prennent le chemin qui est le leur.

 

Saint Sever le 22 mai 2016

 

Toute ma gratitude à Philippe, hospitalier attentif et la municipalité qui a eu l'heureuse idée d'installer ce gîte spacieux, fort bien équipé et entretenu, dans l'ancienne abbaye bénédictine qui fut un haut lieu, pendant six cent ans, d'accueil et de soins aux pèlerins, poursuivant ainsi la tradition de l'ancienne capitale de la Vasconie et de ses habitants.

Publié dans Compostelle

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