Les coquelicots

Publié le par Denis

Les coquelicots

Nous avons besoin de si peu de lumière pour faire naître notre rouge que notre présence peut à elle seul pimenter un jours gris.

Autrefois nous cohabitions en plein champ avec les blés, mais nous gênions, avec notre seule ambition d'apporter un peu de rouge aux jours.

Alors nous avons été relégués vers les bordures, les fossés, les friches où nous nous tenons sagement désormais, partageant notre quotidien avec d'autres bannis des grands espaces.

Notre beauté délicate et éphémère ne se révèle pas dans les vases, trop domestiques. Pour nous apprivoiser, il faut l'art du peintre qui sait qu'une seule tache de notre sang peut donner de la profondeur et illuminer son tableau.

En nous est réunie la force sauvage de la multitude contenue dans nos graines et la fragilité qui réserve nos lèvres rouges aux seules caresses de l'œil.

Nous nous plaisons à égayer le chemin du pèlerin, aux jours gris comme aux jours clairs.

Santos Domingo de la Calzada, le 6 juin 2016

Toute ma gratitude à la sœur qui m'a ouvert à 22h10 la porte de leur albergue, assurant un accueil cistercien dans la ville du miracle de la poule, laquelle albergue était fermée comme toutes les autres sur chemin à 22h pour assurer le repos des pèlerins, certains partant dès 6h00 le lendemain pour profiter des couleurs du jour et de la solitude en marchant avant les autres, ou aller d'un pas lent et contemplatif ou arriver les premiers à la prochaine étape.

Publié dans Compostelle

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christine Acket Pelsy 07/06/2016 15:49

dis donc tu cours, tu vas arriver avant la date prévue non !!!!
Bises et merci de nos faire voyager avec toi chaque jour !