La cruce de ferro

Publié le par Denis

La cruce de ferro

Je veille au sommet d'un mat fiché sur le point culminant du camino frances au lieu dit du Puerto de Foncebadon.

A mes pieds reposent toutes les souffrances de l'humanité sous l'aspect de cailloux que les pèlerins apportent depuis chez eux. Ils les déposent gravement comme on dépose un fardeau porté depuis années.

Il y en a de toutes les sortes, des petites, des grosses, des brillantes, des polies, des rudes. Elles viennent d'Australie, de Corée, d'Afrique du sud, de Pologne, de France, d'Espagne, de tous les pays, mourir ici, les souffrances inutiles. Je les accueille et les transforme en un monticule indolore sur lequel viennent courir les enfants, parfois, le dimanche.

Lorsque les pèlerins repartent, souriants, je ne sais jamais si c'est parce qu'ils ont fini de monter ou parce qu'ils ont fini de souffrir, mais je suis bien aise de savoir que leur peine est derrière eux.

Ponferrada, le 19 juin 2016

Tous mes remerciements à l'hospitalière qui m'a fourni le seul sac de couchage de ce gîte paroissiale de près de 100 places qu'ils gardent en secours pour des malades ou des nécessiteux. La mise à disposition de couvertures a été supprimée récemment pour lutter contre la présence sur le chemin de punaises de lit. J'en ai été fort aise n'ayant qu'un drap de soie avec moi et j'ai fredonné la chanson de Brassens: toi l'auvergnat qui donné ....

Publié dans Compostelle

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