Hors de Soi

Publié le par Denis

Trois véhicules sont là

Pour nous conduire hors de nous

 

L’amour nous amène tantôt vers les cimes de l’extase,

Tantôt vers les pics de la folie.

C’est un transport ailé aux griffes acérées

Dont les blessures longtemps après

Suintent encore.

 

La colère est un vaisseau qui nous amène

Corps et âme, sur des mers intérieurs

Où se précipitent des fleuves de sang

Et que viennent grossir des tempêtes soudaines.

Au terme du voyage, abusé par des sombres naufrageurs,

Elle nous fait espérer un port, avant de nous précipiter

Sur les rochers, meurtris, le corps désarticulé.

 

Et puis quand ni l’amour ni la colère

Ne peuvent plus nous transporter,

Il reste l’ivresse, bonne fille,

Avec son âne et sa carriole, emplie de fioles bariolées

Les mers et les ciels auxquels elle nous conduit

Ne donnent pas le vertige, non.

Tout juste revient-on, chancelant, hagards,

La cravate dénouée et le cheveu hirsute,

Content, somme toute, du faible tribu demandé.

 

Si être hors de soi est un état exaltant et ravageur,

Rester chez soi demeure un art véritable.

 

 

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