Gravité

Publié le par Denis

Il y a plusieurs manières d’échapper à la gravité.

 

On peut, comme nos ancêtres, se mettre sur ses deux pattes de derrière pour atteindre les fruits et les coques dans les arbres.

 

On peut voler de ses propres ailes, au sortir du nid, sitôt tombée la bourre de l’adolescence.

 

On peut danser, faire des cabrioles et des entrechats, comme les chats et les danseuses qui retombent toujours sur leurs pattes.

 

On peut aussi s’envoyer en l’air et rejoindre la stratosphère. L’apesanteur, c’est ludique et excitant.

 

 

 

On peut surtout échapper à la gravité en se disant qu’après tout, tout ça, la vie, l’amour, la mort, est-ce si grave ?

 

 

 

Est-ce si grave d’être né homme, debout sur la terre.

 

La terre qui, en nous attirant à elle, nous empêche d’errer. La terre, qui si elle ne nourrit pas toujours son homme, lui offre des fleurs à chaque printemps.

 

Ce n’est pas grave un chagrin, si la larme sait qu’elle va rejoindre l’océan.

Ce n’est pas grave, un arbre qui s’abat, une vie qui s’achève quand d’autres renaissent.

 

Ce qui serait grave, serait de refuser la gravité puisque c’est le phénomène qui fait que les corps s’attirent.

 

Et que la vie se poursuit, légèrement,

Avec ses accent graves sur légèrement,

sur genèse, sur parenthèse, sur décès, sur après...

 

 

Publié dans prose poétique

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