La singulière allée

Publié le par Denis

Dans une singulière allée

Passe un cavalier, sans cheval.

Il va au trot d’un pas assuré.

Ses bottes ne touchent pas le sol.

 

On dirait qu’il va au-devant

D’un destin qui n’est pas le sien.

Quelle force le soulève ainsi

Entre les rangées d’arbres muets ?

 

Car enfin, dans cette histoire,

Où est passé le destrier?

Pour le savoir, il faut tourner la page.

Le cheval s’abreuve à la rivière.  

 

Il est passé dans d’autres mains

Celles, amies, de ses compagnons.

Ils lui ont intimé de ne pas suivre

L’allée singulière bordée de peupliers.

 

Mais lui n’en a cure, il est happé

Par un charme mystérieux

Dans lequel il se laisse aspirer

Au mépris des lois de la gravité.

 

Et lorsque l’allée prend fin

Brusquement saisi par un souffle,

Il s’envole comme un fétu de paille

Au-delà de la page du cahier.

 

Ainsi disparaissent les héros

Qui veulent échapper à l’histoire

Du conteur mal inspiré,

Où ils se sentent à l’étroit.

 

Ainsi fini mon récit,

Au bout de la singulière allée

Par où sont appelés ceux et celles

Que ne retient pas la vie.

Publié dans prose poétique

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