Mendiants célestes

Publié le par Denis

Il me reste encore des pans de l’aube

Dont je n’ai pu m’habiller le cœur.

Tenez, je vous les donne. Couvrez-vous !

*

Les ciels ne sont doux qu’aux nantis.

Ailleurs, ils mordent les chairs

Des pâles naufragés des rues.

*

D’une main, elle tient la tête de son enfant qui tête

De l’autre elle attend de l’azur

Qu’il inonde sa couche de bitume.

*

L’homme devenu père offre au ciel un visage

Sur lequel affleure la honte.

Il ne tend pas la main. Elle serait pardonnée.

*

Un calice en carton posé sous la pluie

Attend la consécration des nues

Pour transformer les maigres pièces en eau de la vie.

*

Ils passent et saluent poliment, conscients du désastre.

Il ne leur reste que peu de ciel en eux même

Pour accueillir ces mendiants célestes.

Publié dans prose poétique

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